Guichet fermé à Thann
Thur Ecologie & Transports, avec CGT Cheminot, appelaient à manifester à Thann samedi 31 janvier à 9h30 pétante.
Partis de la gare de Thann, un cortège de près de cent usager-ères rejoignirent la Collégiale, où se tenait le marché hebdomadaire.

Photo TET
Vendredi 30 janvier dernier le guichet de la gare restait déjà fermé, avec deux jours d’avance sur le calendrier de Grand-Est & de la SNCF.
Dans nos précédentes pages nous annoncions et dénoncions publiquement cet aveuglement borné par les arguments budgétaires et de « qu’il faut bien savoir vivre avec son temps« ; qu’exprimait un élu régional.
Cette vision politicienne réductrice, révèle en fait la subordination des élu-es face au capital de l’extractivisme et de la techno-science, tout en nourrissant par ailleurs la nébuleuse libertarienne et réactionnaire, détentrice de ce capital. Or, les élu-es régionaux ne sont pas élus sur ce type de politique. Mais ils-les n’en n’ont cure, c’est le cadet de leur soucis, comme l’atteste les rencontres annuelles du COREST (Comités régionaux des services de transports).
Comité des services de transports… En fait, il n’existe aucune rencontre avec les usagers des transports sur route de voyageurs par cars-express, et autres navettes, uniquement pour le TER, dont la façade démocratique ne convainc plus personne.

Prise de parole de TET :
Mes très chères frères et sœurs, usagers & usagères des chemins de fer, comme vous le savez, nous vivons des jours toujours plus tristes. Ce chagrin, nous le devons notamment aux fossoyeurs des services publics.
Le malheur pour nous toutes et nous tous, fidèles disciples des classe populaires, qui bataillons depuis des lustres pour la défense et l’amélioration des services publics, en particulier celui du train, devons-nous nous résigner à n’utiliser des services qu’au rabais que nous impose l’État, Grand-Est et la Sncf ? Devons-nous nous résigner chères usagères, chers usagers, à cacher notre humanité à l’ombre de la dématérialisation tout azimut, de l’inhumain tout-numérique, afin qu’une minorité d’individus, qui nous est inconnu, si ce n’est à travers leurs piteux spectacles médiatèsques, puissent s’engraisser ad-vitam aeternam ? Je veux parler des financiers, spéculateurs et autres marchands du temple, nourriciers de la technocratie.
N’est-ce pas nous toutes & nous tous, chères usagères, chers usagers qui, avec le fruit de notre labeur, avons payé, et avons parfois souffert, durant des générations, afin que l’ensemble des membres de la société puisse bénéficier des biens que procurait jusqu’il y a peu encore le lien social entre usagers et travailleurs-euses des chemins de fer, comme pour l’ensemble des services publics ? Allons-nous pleurer ce dit service public, amputé de son guichet, clopinant sur une jambe, et son lien social condamné à perpet aux oubliettes de la technoscience ?
Comme vous le savez certainement chers usagers, chères usagères des chemins de fer, le guichet de la gare de Thann n’est pas un cas isolé, puisque sur 115 guichets répartis sur notre région, 39 auront la clef sous la porte demain 1er février. Et même depuis hier ici à Thann. Ce qui pour commencer quand même fait un bon 1/3.
Oui, que vous ne disposiez pas d’un computer, ou d’un smarphone, pour raisons économiques, ou tout simplement par refus du tout digital, que vous ayez un âge suffisamment avancé pour ne pas savoir surfer, ou pour raison de santé, c’est que vous ne savez pas vivre avec votre temps. Psalmodie Grand-Est.
De plus, la digitalisation ne règle pas par exemple un soucis d’abonnement, ou lorsqu’une borne est en panne, là, la contravention dans le train ou le Drame-Train est garantie.
Rappelons que le guichet de Thann a généré plus de 12.000 opérations par an, soit une moyenne de 33 opérations par jour !
Donc si vous ne savez pas vivre avec votre temps chères usagères et chers usagers, il ne vous reste donc plus qu’à prier, vous plaindre et regretter qu’avant c’était quand même mieux ! Et pourquoi pas, tout bonnement disparaître…
Et bien non ! Si la procession d’aujourd’hui, paraîtra à bon nombre d’entre vous chères usagères, chers usagers, comme un adieu, comme l’aboutissement d’un service bien remplie, comme une agonie trop précoce et regrettée, une épilogue politique programmée, ne vous y trompez pas, ce n’est rien qu’une métaphore, juste une métaphore. Je peux vous l’avouer chers tous et toutes ici présent-es, nous ne sommes pas résignés, ni à TET, ni chez les camarades de la CGT cheminots, ni chez Sud Rail. Le combat pour des liens sociaux en chair & en os dans nos services publics n’est pas mort, notre engagement demeure intact.
Vive le train, que vive les guichets et tous les services publics. Merci !

Photo Martin Willhem pour l’Alterpresse68