Promenons-nous dans les bois

Promenons-nous

dans les bois…

Une nouvelle marche était organisée le dimanche 20 octobre contre la fermeture du sentier à Rimbach-près-Masevaux au lieu dit Ermensbach et conséquemment contre la loi visant à limiter l’engrillagement des espaces naturels et à protéger la propriété privé (loi du 2 février 2023).

Photos de Thur Ecologie & Transports

Sentier rebaptisé Sentier de la liberté

Suite aux actions menées en février dernier (voir nos articles: https://www.thur-ecologie-transports.org/2024/03/05/petition-contre-labus-de-la-propriete-des-espaces-naturels/ & https://www.thur-ecologie-transports.org/2024/02/14/saine-reaction-contre-labus-dune-privatisation-forestiere/), nous, Thur, Ecologie & Transports (reconnue d’utilité publique) avons vivement souhaité faire entendre l’injustice historique qu’est la pénalisation pour le public d’accéder aux sentiers forestiers ou champêtres privés lorsque le détenteur en interdit l’usage.

Après la participation au colloque de l’Union des collectifs (Notre Village Rimbach, le Collectif de la Haute Chartreuse (38) et le Collectif de St Loubet) avec les députés Lisa Belluco & Jérémie Jordanoff à l’Assemblée Nationale en mars dernier, et après le rejet le 27 de ce même mois par une écrasante majorité contre un projet de loi portant dépénalisation de l’accès à la nature, à TET notamment, nous estimons toutefois mauvaise la loi pénalisante et la réfutons catégoriquement !

Après les diverses prises de paroles ce dimanche 20 matin (voir en détail l’article de L’Alterpresse68: https://www.alterpresse68.info/2024/10/22/une-nouvelle-marche-pour-la-depenalisation-de-lacces-a-la-nature-a-ermensbach-pres-de-masevaux/), sur le parking d’Ermensbach, un cortège d’une petite centaine d’amoureux de la Nature emprunta le sentier rural (balisé d’un chevalet jeune), sentier lui également obstrué par des arbres couchés en travers et coupés depuis peu ; leur feuillage toujours vert parsèment encore leur branchage.

Or, il n’est pas certain que JC. Muth, le propriétaire justement décrié soit à l’origine de ces coupes à cet endroit précis. Un autre nouveau propriétaire, celui-ci exploitant en bois aurait occasionné des passages horribles, boueux et larges avec les débardeurs et engins de coupe énormes utilisés pour procéder aux coupes à blanc.

Nous nous trouvons ici devant un cas d’école pour constater qu’un chemin rural qui doit pourtant rester accessible se trouve dévié dans une mélasse de boue et de crevasses faites par les engins. Ainsi, plus aucun chemin-sentier n’est garanti et respecté face aux libertés des brutes moto-mécanisés. Entre suppression des petits sentiers et élargissement général on va tout droit vers la disparition du réseau de petits sentiers dans les Vosges, personne ne semble s’offusquer de la multiplicité des chemins – sauf au Sprickelsberg, voir notre article : https://www.thur-ecologie-transports.org/2022/04/05/defense-du-sprickelsberg/

Se rendre maître de forêts pour le seul motif ludique et, ou pécunier, voilà ce qu’une loi digne devrait pénaliser et non l’inverse. Quant à la question de la liberté fondamentale de se promener, rappelons qu’il existe d’autres législations dans l’Europe qui nous inspirent… Notamment celle de la Suède (Allemansrätten) qui, « nonobstant les dispositions antérieures [relatives au droit à la propriété] garanti l’accès de tous à l’environnement naturel conformément au droit d’accès au public » (ajout à constitution suédoise en 1994). En Allemagne, il existe des principes forts de gestion collective des territoires. On ne parle pas de droit du propriétaire mais de devoir du propriétaire. Le droit d’exclusion est totalement infondé si la fréquentation n’endommage pas les cultures ». L’article 14 du Grundgesetz stipule : « Propriété oblige – son usage doit contribuer en même temps au bien de la collectivité ». Or, nous constatons que seule la France (prétendument le pays des Droits de l’Homme) légifère indignement, pour ne satisfaire que les possédants.

 

Nous appelons nos élus et les pouvoirs publics à élaborer un nouveau cadrage réglementaire qui soit juste pour la population dans son ensemble et non uniquement au profit de propriétaires. La loi de ce 2 février 2023 et les comportements qu’elle accentue sont propres au droit féodal.

Cette marche est également l’occasion de demander ce qu’il en est de l’enquête qui aurait été menée par l’OFB (police de l’environnement) suite aux dégradations réalisée par le groupe Wustkopf, sous la direction de Mr Jean-Charles Muth.

Enfin, nous déplorons à TET de n’être pas soutenu par le Club Vosgien – pourtant méprisé par Wustkopf, ni par l’ensemble du collectif de Rimbach Notre village, de facto absent, excepté quelques membres pour qui la résignation est mauvaise maîtresse.

Il ne serait pas profitable pour ces instances de « fréquenter » une association « connotée », préférant s’en remettre à leur proches élu-es et députés locaux, pourtant défenseurs de cette loi inique. Kafka revient !

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