Extractivisme, ou exploitation industrielle de la nature

Conférence – débat

Extractivisme ou exploitation industrielle de la nature

Mardi 25 avril – 19h30 – au CAP à St Amarin

Projection du film MINE DE RIEN

de Matthieu Soudais et Eloise Lebourg

En présence de Anna Bednik – journaliste indépendante 

Auteure du livre « Exploitation industrielle de la nature : logiques, conséquences, résistances »

(suite…)

Le droit se meurt

Conférence Spectacle avec Alain Bressy, sur le Droit, sur nos Droits,
Ou « LA DYNAMIQUE DU BLAIREAU »

Ancien magistrat (ancien juge d’instruction et vice-président du Tribunal de grande instance de Bergerac) et activiste culturel, le « blaireau » résistant Alain Bressy se met en scène pour décrypter le monde complexe du Droit, des Libertés, de la Justice et, en résumé de la Démocratie.
Droit et Justice sont des mal-aimés. Dommage car ils sont les pilliers des libertés. Ainsi, tout au long de sa carrière, il est intervenu du CM2 à l’Université pour les expliquer. Mais à la démarche pédagogique initiale se sont greffés peu à peu des messages d’inquiétude et de colère qui l’ont poussé sur scène dès 2011. Depuis, l’urgence est devenue un Etat et le Droit élaboré en silence. La scène est plus qu’une leçon de choses…

Thur Écologie & Transports vous invite à venir VOIR et ÉCOUTER le spectacle d’Alain BRESSY « Le Droit se meurt »

Le JEUDI 19 MAI 2016 à 20 h à Saint-Amarin – Salle du CAP

Le but d’Alain Bressy : Expliquer, faire réagir, résister, réveiller les consciences !

La théâtralité de cette conférence gesticulée permet au public d’entrer facilement dans le monde, dans l’histoire du droit et de la justice pour mieux comprendre le désastre actuel. Dès lors, la peur de l’avenir, la peur de l’autre s’installent et le ciment de toute société –la cohésion sociale- s’effrite pour faire place à l’extrême ou à la désillusion. C’est pourquoi le Citoyen-Blaireau, solidaire par nature, se rebiffe au fond des bois…

Entrée libre – Plateau à la sortie

Le Droit à l’envers et en s’amusant…

Je mens donc je suis …
… ou l’histoire d’un homme de Loi découvrant que les mensonges, qui font naturellement partie de son quotidien professionnel vont bien au-delà et gangrènent toute une société jusqu’à devenir, dans le même temps et le même espace, à la fois une réussite sociale pour le menteur patenté et celui de la justification du désespoir pour les victimes du mensonge (les promesses –mensongères- n’engagent que ceux qui y croient, disait un « tragédien politique » célèbre).
Le personnage se raconte les (finalement) petits mensonges du justiciable et puis, en une spirale hystérique, les monstrueux de nos sociétés, sitôt impunis, sitôt oubliés et qui pourtant, violentent encore plus le Droit.

 

Le Droit se meurt

Il n’y a pas de bonheur sans libertés et pas de libertés sans un droit pour les garantir et une justice pour les faire respecter. Depuis la révolution française, le législateur a construit en ce sens un système unique en Europe composé de droits personnels et collectifs, droits du quotidien.
Au nom d’une idéologie et de l’inéluctable Crise, le XXIème siècle s’est mis à les confisquer au peuple, silencieusement, jour après jour, en organisant, dans le même temps, la casse de l’institution judiciaire et celle du service public.
Et puis il y a les conséquences sur nos droits d’un état – durable – d’urgence à rallonge constitutionnelle… Les Français méconnaissent et même, mésestiment, Droit et Justice au point qu’il est plus facile pour les pouvoirs successifs de les déliter discrètement.
Pour rendre lisible une information aussi complexe, il fallait bien la forme magique et ludique du spectacle qui entremêle pédagogie et onirisme avec, en scène, l’histoire des institutions jusqu’à l’actuelle dérive et l’évocation symbolique du « Citoyen Blaireau », plus futé qu’on ne le dit, démocratie à rayures, qui se rebiffe, carrément et, au fond des bois, lance son appel contre la Grande Confiscation et l’Héroïque Reconstruction…
Un spectacle à recommander à tous ceux qui sont concernés par la Justice et le Droit, c’est-à-dire, en fait à nous tous. Puisque sans justice plus de société, du moins plus de société vivable et viable…

Climat : le changement, c’est maintenant !

DNA du 23 septembre 2015
Saint-Amarin – Le climat sur le devant de la scène Le changement, c’est maintenant

L’association Thur Écologie et Transports a invité Valérie Masson-Delmotte, coordinatrice au niveau mondial du 5e rapport du GIEC sur les climats passés, à parler du réchauffement. Dédé Barouin, dessinateur mulhousien, a émaillé la conférence de ses dessins en croquant très à propos les dires de la scientifique.

C’est une invitée de marque qu’a accueillie TET. Ingénieure, auteure d’une centaine d’ouvrages scientifiques et responsable d’un groupe au sein du Laboratoire des Sciences du climat et de l’environnement à Saclay, Valérie Masson-Delmotte est une paléoclimatologue de renommée internationale.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), créé en 1988, dont elle a coordonné le rapport, permet de fournir des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade.
Coûteuses conséquences

La conférence-débat de Valérie Masson-Delmotte, très instructive, a été malheureusement trop peu suivie, au goût des organisateurs, notamment par les élus de nos vallées, pourtant invités. Elle était organisée dans la perspective de la COP 21, prévue début décembre à Paris, celle-ci devant aboutir à un accord international sur le climat permettant de contenir le réchauffement global en deçà de 2 °C. À condition que les États en décident ainsi…

Pour Valérie Masson-Delmotte, « le climat est un enjeu politique majeur. 1 000 chercheurs en France et 20 000 dans le monde s’appliquent à l’étudier avec transparence, rigueur et exhaustivité. L’accumulation d’énergie dans le système climatique est sans équivoque : beaucoup de changements observés sont sans précédents à l’échelle des dernières décennies à millénaires et ne sont pas dus à des phénomènes naturels ».

Avec simplicité, la scientifique explique que l’influence humaine sur les échanges de rayonnement entre la Terre et l’espace conduit à une accumulation d’énergie dans le système climatique.

« L’amplitude du réchauffement dépendra des rejets de gaz à effet de serre (gaz carbonique -CO²-, méthane –CH4- et protoxyde d’azote – N2O) dans l’atmosphère. Ces événements entraînent et entraîneront des effets en cascade catastrophiques (rendement agricole en baisse, fonte de la banquise arctique avant 2050, niveau des océans en augmentation, vagues de chaleur plus fréquentes et plus longues, réfugiés climatiques, etc..).
« Être acteur du changement est une chance, pas un fardeau »

Si le tableau dressé très succinctement ci-dessus est pour le moins alarmant, Valérie Masson-Delmotte, pour répondre aux nombreuses questions d’un public attentif, a confié qu’elle « revendique d’être sceptique en remettant en cause, avec ses collègues chercheurs, toutes les données analysées ».

« Personnellement, je pense que c’est à chacun d’être acteur du changement, et que ceci est une chance et non un fardeau. La mobilisation doit devenir un plaisir d’être ensemble dans l’action. Nous nous devons d’accompagner les jeunes générations. L’innovation peut être un facteur de compétitivité sur lequel il faut jouer. Même si les États s’engagent modestement, je crois que la société civile peut montrer son engagement positif en innovant et en pesant sur le pouvoir politique ».

Si la COP21 aboutit à l’engagement des États en faveur de la limitation du réchauffement climatique, les problèmes de réchauffement ne disparaîtront pas pour autant : les rejets de gaz à effet de serre forment une courbe dangereusement ascendante qui mettra des décennies à se stabiliser.

TET : 19 rue du Puits 68550 Saint-Amarin 03 89 82 14 75 ; contact@thur-ecologie-transports.fr

Dimanche 11 octobre à 17 h au CAP de Saint-Amarin, projection du film « Le Tafta, libre-échange ou libres citoyens » suivie d’un débat animé par Richard Elsner coordinateur d’un réseau européen de PME

Planète, état des lieux et perspective d’actions

APRÈS LA CONFÉRENCE DE DOMINIQUE BOURG AU CAP DE SAINT-AMARIN LE 27 mars 2014
UN ARTICLE DE « LA DÉCROISSANCE » SUR LE MÊME SUJET

Agir vite et fort, sans quoi le changement climatique produira de plus en plus d’« effets pervasifs, sévères et irréversibles » sur les sociétés humaines et les écosystèmes. C’est avec des mots inhabituellement forts que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a rendu public, dimanche 2 novembre à Copenhague (Danemark), la synthèse de son cinquième rapport.
Voici, pour l’occasion, ce que disait Dominique Bourg — que nous avions invité à St Amarin il y a quelques mois — dans une interview au journal « La Décroissance » :
Ex « pape » du Développement Durable, Dominique Bourg ne cesse de dénoncer ce qu’il nomme désormais une « farce ». « C’est la décroissance ou le clash », avertit-il. Un repositionnement qui nous intéresse d’autant plus que ce professeur de l’université de Lausanne, philosophe, auteur de nombreux ouvrages sur l’écologie est très présent dans les institutions gouvernementales et économiques et… vice-président du CA de la Fondation de Nicolas Hulot.

La décroissance : Plutôt que d’utiliser le terme omniprésent de « crise », vous insistez sur le fait que nous vivons une période d’effondrement. Pourriez-vous nous précisez ce que vous entendez par ce mot ?

Dominique Bourg : Employer le terme de « crise », c’est supposer que l’on sorte d’une normalité pendant une période transitoire, ce qui peut durer quelques années ; puis que l’on retrouve un état de normalité, même si celle-ci peut prendre une forme différente de la situation antérieure. Aujourd’hui la période que l’on vit n’a rien à voir avec cela. Nous faisons face à une dégradation continue de la biosphère, un appauvrissement continu des ressources. L’ensemble des écosystèmes s’affaiblit. Nous entrons dans un goulot d’étranglement, sans aucune sortie à la normale possible. La crise est un concept qui est parfaitement inadéquat pour définir ce que l’on vit. Nous n’avons jamais connu une période aussi difficile dans l’histoire.

Pour apporter des réponses appropriées aux difficultés que nous traversons, il faut d’abord employer les bons mots pour les qualifier. Pour moi, il est clair que nous sommes dans une situation de pré-effondrement, comme l’a définie Jared Diamond dans son livre Collapse 1: car si la base matérielle se dérobe sous nos pied, c’est toute l’organisation sociale qui s’effondre. Tous nos modes de vie, toute la société repose sur des flux de matières et d’énergie sans cesse croissants. Or ces ressources sont envoie d‘épuisement et notre consommation d’énergie perturbe le système biosphère. Sans décroissance de ces flux de matières et d’énergie, on ne s’en sortira pas.

Quels sont les indicateurs de cet effondrement ?

Je vais d’abord parler des indicateurs matériels et de la relation énergie-climat. C’est une nasse à plusieurs niveaux. Aujourd’hui, il y a à la fois trop d’énergie fossile dans le sous-sol, et pas assez. Pas assez pour répondre à nos besoins croissants, mais trop au point de dérégler le climat. Avec l’exploitation des énergies fossiles non conventionnelles, comme le gaz de schiste, nous rejetons encore bien plus de CO2 qu’avec les conventionnelles, ce qui accélère les problèmes climatiques que nous connaissons. Quant aux sources d’énergie renouvelables, elles sont très gourmandes en matériaux : on construit des éoliennes ou, dans une moindre mesure, des panneaux solaires avec d’énormes quantités de minéraux, or tous les gisements sont en voie d’épuisement. Nous exploitons des filons de plus en plus profonds, avec une teneur moindre en minéraux, ce qui nécessite de plus en plus d’énergie pour les extraire. Ajoutez à cela le problème de la raréfaction de l’eau douce, l’effondrement des ressources biotiques, notamment des ressources de la mer, l’érosion des sols, l’acidification des océans… L’un des dangers majeurs qu’engendre ce basculement des écosystèmes, c’est la chute des capacités de production alimentaire. On l’a bien vu durant les dix dernières années : les sécheresses ont provoqué une diminution des récoltes dans des régions agricoles importantes, comme la Russie ou les Etats-Unis. La possibilité d’un effondrement devient à terme très claire.

Quels sont les autres révélateurs du chaos actuel, sur les plans sociaux et moraux ?

Nous atteignons des niveaux d’inégalité jamais vu dans l’histoire. Jusqu’à la révolution industrielle, aucune région du monde n’était deux fois plus riche qu’une autre. Car les sources énergétiques étaient limitées : les muscles des hommes, des animaux, le bois, le vent, les cours d’eau… Il ne pouvait donc pas y avoir d’énormes différences entre les sociétés. Mais aujourd’hui, pour donner un exemple, le Qatar est 428 fois plus riche que le Zimbabwe. C’est une situation inédite : jamais les richesses n’ont été aussi mal réparties, concentrées entre les mains d’une minorité. Jamais les écarts n’ont été aussi importants.

On arrive à l’extrême de ce à quoi peut aboutir l’individualisme forcené. L’insensibilité à la souffrance d’autrui est maximale. Et le pire c’est qu’elle est justifiée, légitimée une minorité peut tout à fait accaparer les ressources de la planète et nuire aux autres. On a fini par perdre complètement de vue que le sujet dépend de la relation avec autrui. Le moi repose sur des liens, ce n’est pas une entité séparée, distincte. Le déni de nos liens aux autres devient faramineux, et c’est une des raisons de notre décrépitude morale.

D’après vous comment le clash pourrait-il se manifester dans les années à venir ?

J’ai étudié la question de la démocratie écologique : comment faire en sorte de revivifier les institutions pour faire face aux enjeux actuels. Je n’ai pas de modèle tout fait, je ne sais pas quelle forme définitive elle pourrait prendre. Les institutions dépendent de nos manières d’être et inversement : elles s’influencent mutuellement. La pénurie matérielle va nous contraindre à revoir notre organisation, nos valeurs, nos modes de vie en profondeur. Pour amorcer la pompe, je propose dans mes livres d’impulser des modifications institutionnelles. Plus on attend, plus il sera difficile de faire face. Si le sommet de Copenhague avait abouti, il était prévu de diminuer de 3% les émissions mondiales de CO2, chaque année, même si cela aurait été très difficile à atteindre. Imaginons que la conférence de Paris réussisse en 2015 : la mise en œuvre de cet accord à partir de 2021 exigerait pour le même objectif de contenir la hausse de la température moyenne du globe en deçà de 2°C à la fin du siècle, une réduction moyenne de 6 à 9%.

Je réfléchis à trois scénarios dans mes recherches : la démocratie écologique par le changement institutionnel ; une démocratie écologique qui reconnait la vulnérabilité de la société globale et qui encourage des expériences originales, des modes de vie alternatifs, des initiatives locales marginales qui pourraient être des laboratoires intéressants pour la société de demain ; et le troisième scénario c’est de penser la société de l’après effondrement, car il est probable qu’on se casse la gueule. Même si le pire n’est jamais certain. Je ne m’appelle pas Madame Soleil, mais si je voulais m’amuser à faire des prévisions, je pourrais dire qu’on risque de vivre un mélange entre le délitement de Rome, qui a pris des décennies, et le XIVème siècle, quand se sont déroulés à la fois la guerre de Cents Ans, le petit âge glaciaire et la peste noire qui a fait des ravages et a occis un tiers de la population affamée… Un mélange de ce type nous pend au nez. Avec les données dont nous disposons, cela fait partie des scénarios possibles.

Vous parlez de refonder la société autour d’initiatives locales. Mais cela parait difficile aujourd’hui, avec un système technicien qui nécessite des institutions centralisées.

Les monastères étaient méprisés par les élites de Rome. Mais ces expériences ont permis de poser des jalons nouveaux. La société qui s’est reconstruite autour des monastères, ce n’est pas une société qui est devenue un grand monastère : elle aurait disparu et nous ne serions pas là pour en parler ! Même si ces initiatives restent minoritaires et ne se généralisent pas forcément, ce sont des lieux d’expérimentation importants : on met en place de nouvelles manières de vivre, de s’organiser, de produire, d’échanger. Aujourd’hui avec notre niveau de technicité, l’organisation est décentralisée, complexe. C’est l’un des points noirs possibles : si l’effondrement est général il sera difficile de faire de la permaculture à coté des réacteurs nucléaires… William Ophuls2 évoque la possibili­té de refonder de petits États, sur une base rousseauiste : ses positions sont intéressantes. Il faut réorganiser la société, en redéfinissant nos valeurs communes, tout en sachant qu’on part toujours d’un héritage. L’histoire montre que des peuples ont su se ressaisir et prendre à bras-le-corps des situations d’effondre­ment. Mais dans ces périodes, on en passe souvent par des débuts qui ne sont pas toujours désirables…

En présentant la décroissance comme notre destin inéluctable face au déclin des ressources matérielles, comment parvenir à fédérer, à convaincre d’op­ter pour cette voie ?

Il ne peut pas y avoir de société éco­logique s’il n’y a pas une population qui l’accepte, la comprenne et la désire. Les gens doivent désirer leur mode de vie : c’est fondamen­tal, sinon c’est un dictateur qui impose des choix. C’est là que rési­de tout l’enjeu. Et on en est loin. Il est probable que nous ferons tout pour maintenir le système actuel le plus loin possible, « jusqu’à la der­nière goutte de pétrole », comme l’annonçait déjà Max Weber en 19173. Notre société actuelle ne peut pas fonctionner sans flux de matières et d’énergie abondants et bon marché, elle s’écroulerait sans cet apport continu. Mais nous n’avons pas conscience de la néces­sité de la décroissance. Si un réfé­rendum était organisé sur la ques­tion, la population n’opterait pas pour la décroissance. Il y a un déca­lage total entre ce que les personnes pensent et le monde dans lequel on se trouve. L’actuel gouvernement en est la parfaite illustration : croire que les taux de croissance des Trente Glorieuses peuvent réappa­raître en Europe, c’est pathétique.

Je sais que vous, dans votre journal, vous faites de la décroissance un idéal social, un but à atteindre pour vivre beaucoup mieux. Je n’ai aucun doute que nous pouvons fonction­ner mieux avec des flux matériels moindres, en mutualisant, en parta­geant. Je partage ce projet poli­tique : comment créer une société plus solidaire, plus juste, sur cette base. Mais il faut le reconnaître, cette position de la décroissance n’a pas d’impact, elle est très minoritai­re. La société n’en veut pas, elle trouve le terme négatif et n’entrevoit pas la possibilité d’un bien-être accru et matériellement plus light. Je n’ai pas la même posture que vous, nous avons une stratégie de discours différente même si les deux approches se complètent. Je suis plus académique dans mes travaux, plus observateur, je réfléchis aux différents scénarios susceptibles d’advenir, j’imagine des change­ments institutionnels pour mettre en place une démocratie écologique en essayant de la rendre désirable et positive. Mais je reconnais que c’est tout aussi modeste et que mon suc­cès est tout autant limité. Je ne sais pas comment les gens vont adhérer à un tel projet politique et trouver un sens à l’écologie, un mieux en rédui­sant les flux de matière et d’énergie. Depuis trois siècles, on est formaté – pour accumuler toujours plus; pro­duire plus et consommer plus, vous et moi y compris. Entre le temps nécessaire pour nous dé-formater et la rapidité des événements, un clash est tout sauf impossible. Des scéna­rios de guerre sociale sont envisa­geables, avec un minimum de gens qui s’approprient la majorité des richesses.

Pouvez-vous rappeler pourquoi vous considérez désormais le développe­ment durable comme une farce ?

Le développement durable a complè­tement échoué. Le rapport Brundtland avait donné pour but de réduire les inégalités de richesses et les problèmes environnementaux ; or les unes comme les autres se sont démultipliés. Dès le départ, c’était voué à l’échec : croire qu’on peut continuer indéfiniment comme avant, comme si on pouvait rendre compatible la raison économique, qui est le règne de l’égoïsme de cha­cun, avec la préservation de l’envi­ronnement et le partage des biens communs, c’était totalement illusoire. Le développement durable a accompagné la vague néolibérale. Certains y ont cru, moi y compris. Je me suis trompé, je suis le premier à le reconnaître.

Il faut au contraire cantonner l’éco­nomie, la contrôler, nous avons besoin de régulation étatique forte. Face à l’urgence de la situation, il y a notamment un verrou institution­nel à supprimer, c’est la création monétaire : les États empruntent au secteur privé et ne créent plus ‘direc­tement la monnaie. L’endettement est la conséquence directe de l’affai­blissement du rôle de l’État. Cette dette colossale empêche les investis­sements nécessaires pour une transi­tion énergétique, comme la réhabili­tation du bâti ou l’agro-écologie. Or ce sont là des mesures urgentes, indispensables pour faire bouger les consciences et les choses.

Propos recueillis par Pierre Thiesset

1 – Jared Diamond, Effondrement, Gallimard, 2006.
2 – Auteur américain, il étudie les transforma­tions sociales et politiques nécessaires à une prise en compte de l’écologie. Ses ouvrages, notamment La Revanche de Platon, n’ont pas été traduits en français.
3 -L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme, Non, 1964.

Divers

DIESEL CANCERIGENE;

A la suite d’une réunion d’experts internationaux, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), qui dépend de l’organisation Mondiale de la Santé a finalement classé les émissions des motorisations Diesel comme cancérogènes pour l’Homme (groupe 1). Un grand pas en avant pour que cette technologie polluante et coûteuse soit définitivement abandonnée.

EUROPE, DEMOCRATIE, INSECTICIDES et ABEILLES

Suite à la mise en cause scientifique de trois insecticides toxiques pour les abeilles, la Commission Européenne a proposé de suspendre pour deux ans maximum leur usage. Si la majorité qualifiée n’a pas été atteinte lors du vote des Etats membres de l’Union Européenne, cette proposition devrait toutefois être entérinée au grand dam des professionnels des pesticides qui dénoncent une manoeuvre politique, tandis que les associations de protection de l’environnement réclament davantage.

LA FIN DE L’HUMANITE ?

Et s’il n’y avait plus rien à faire pour sauver l’humanité ? S’il était déjà trop tard ? The Australian rapporte une interview bien pessimiste du célèbre scientifique australien Frank Fenner. Pour lui, nous avons déjà scellé le destin de l’Humanité : dans moins de 100 ans, les sociétés humaines ne seront plus…

LE NUMERIQUE NE DIMINUE NI LE PAPIER CONSOMME, NI L’ABATTAGE DES ARBRES

La dématérialisation[1] est souvent présentée comme la solution à la déforestation, à la destruction des milieux, etc. parce qu’elle permet de remplacer le support papier par des supports numériques. Pourtant, ces supports numériques sont eux bien matériels, et leur fabrication entraîne souvent l’abattage d’arbres ou la dégradation des écosystèmes sur les lieux d’exploitation des matières premières. Il apparaît donc comme légitime de s’interroger sur l’empreinte écologique du high-tech, ses modes de production et la manière dont on le consomme.

Des bénéfices en pleine santé !

Article paru dans Pour l’émancipation sociale

n°38, octobre 17

 La santé est un sujet éminemment politique, sa gestion désastreuse mérite d’être questionné au-delà des revues spécialisées. D’autant plus si l’objet du propos est peu autorisé à y paraître et encore moins d’en faire la une. Idem au sein des mainstreams.

Pour rappeler que la politique de la santé, notamment en France, doit résonner sonnante et trébuchante, et que l’Etat est le garant des lobbys de l’industrie pharmaceutique, avec la complicité – essentielle – de l’Ordre des pharmaciens et de celui des médecins. Affirmons même d’une réciprocité « solidaire » entre les quatre composantes – au grand dam de la CPAM, mais non pas des mutuelles privées.

Il est donc essentiel de se préoccuper de cette question, maintenant que le projet de réforme de la sécu est sur le billard… Et que, la baisse des revenus des ménages, conjuguée à la dette du pays, doit inciter à dénoncer l’Etat ; de ses errements en faveur du lobbying, pendant que l’ensemble de la population est sommé de « soigner » les intérêts de la médecine du fric, sans broncher. Afin d’éclairer sur cette pathologie étatique, nous explorerons la cas du cancer, du vaccin et de l’industrie pharmaceutique.

 

Une déficience métabolique

 En 1924, le biochimiste allemand, Otto Warburg (prix Nobel de médecine) écrivait déjà : « Le cancer, comme toutes les maladies, a d’innombrables causes secondaires, mais il n’y a qu’une cause primaire : le remplacement de la respiration de l’oxygène dans les cellules normales de l’organisme par la fermentation du sucre ».

Pourtant, la médecine ne tiendra pas compte de cette découverte, à savoir, comment ré-oxygéner ces cellules. Les cancérologues de l’époque favoriseront le traitement du cancer par la radiothérapie – inaugurée dès 1896. En effet, même si les rayons ne supprimaient pas totalement la tumeur, ils en ralentissaient son développement. Aussi, la recherche se poursuivait pour une amélioration de la radiothérapie, afin de détruire les cellules infectées. Mais, de nouvelles s’infectaient…

Au cours des années 39-45, deux pharmacologistes étatsuniens découvraient, lors d’autopsies de soldats exposés au gaz moutarde, une importante régression du système lymphatique, ainsi qu’une baisse des globules sanguins, causant notamment une dépression immunitaire. Ils supposèrent que l’action mesurée d’un produit similaire à cet agent soufré pouvait causer une régression de tumeurs lymphatiques. Passons sur les détails complexes, les premiers traitements de chimiothérapie sur des patients démarrèrent en 1958. Depuis, la chimio s’est énormément développée, malheureusement pas au point d’éteindre définitivement les diverses tumeurs. Mais le propre de la chimie n’est-il pas principalement d’agir sur le mal et non sur ses causes. De plus, le bombardement de la radiothérapie relayant une chimiothérapie intensive, tue les cellules cancéreuses, mais également les cellules de défense immunitaires et provoque l’apparition de clones tumoraux, ceux-ci résistant aux traitements, finiront par emporter le malade.

Or, des médecins chercheurs œuvrent depuis des décennies pour combattre autrement les cancers (les cancers et non le cancer, le terme est faussement généraliste). Les travaux sont de longue haleine, mais également périlleux pour la profession, car le dogmatisme domine la cancérologie depuis plus d’un demi-siècle. Le docteur Laurent Schwartz, cancérologue et radiothérapeute de l’AP-HP (1) a travaillé plus de vingt ans à l’Ecole Polytechnique, épaulé d’une équipe de chercheurs ; il œuvre aux traitements novateurs et non toxiques du cancer (2). Rayons X et chimio, s’ils ont permis de vaincre certains cancers, pour autant leur victoire demeure partielle : pour les cancers les plus fréquents, ils restent inefficaces.

La fausse piste, qui consistait à tuer les cellules infectées, a trop longtemps égaré la médecine, l’industrie pharmaceutique, les Etats, les patients… Elle a surtout ouvert la voie à tous les excès. En 50 ans, des centaines de milliards$ ont été engloutis dans la recherche anti-cancer ; une vraie quête du Graal. Pourtant, on meurt presque autant de cette affection aujourd’hui qu’à l’époque (moins 13 % entre 1960 & 2010). Tout le monde (ou presque) s’est perdu en route ! Or, qui oserait prétendre que la chimio fait plus de mal que de bien ? Il conviendrait cependant de reconnaître l’impuissance collective à vaincre une souffrance aussi vieille que l’humanité, pour la simple raison, incompréhensible, que le cancer ne serait qu’une maladie de la digestion cellulaire, donc métabolique, et non une infection immunitaire comme le prétendent aujourd’hui d’autres chercheurs, dont le  nouveau traitement médicamenteux grimpe à 100 000 €.

 

Le profit, ou la métastase des patients

 En 1996, un premier livre Métastases (ed. Hachette) et un article de presse du Dr Schwartz aboutissent à son limogeage de l’AP-HP ; il suivait pour ses patients un protocole par un traitement métabolique ; il était alors en-deçà de ses avancées actuelles. Mais le DG de l’hosto avait également expulsé du service des soins les patients de Schwartz (sic). Parti quelques années aux Etats-Unis, où il poursuivait ses recherches, le toubib a pu revenir travailler en région parisienne. Il explicite dans son livre que si le cancer tue, il se porte plutôt bien : il nourrit tout un secteur économique. Le marché du cancer (médicaments, traitements, équipements, personnel médical, centres spécialisés, activités dérivées du cancer) double tous les cinq ans. Selon l’IMS Health (société d’études spécialisée dans la pharmacie et la cancérologie), le cancer est le premier marché du médicament dans le monde.

Officiellement, aucune institution publique ne fait, ou ne donne, des statistiques chiffrées sur cette pathologie : quel type de cancer tue davantage qu’un autre, femmes & hommes, jeunes ou vieux, sur quel territoire, de telle à telle année, ou en fonction d’une profession… Bref, il n’existe aucun tableau global de l’épidémie (virus et bactéries cancéreuses sont aussi une réalité), pourquoi le cancer du colon fait des ravages aux Etats-Unis, et, est quasi inexistant au Japon, etc. Schwartz s’était donc mis en quête de trouver des statisticiens : deux d’entre eux lui ont permis de faire des tableaux chiffrés. La raison en est simple, chaque type de cancer suit un protocole précis, en fonction du/de la patient-e, son âge, etc. Les données chiffrées proviennent pour l’essentiel du CIRC (3), dont la mission sert les Etats à définir les agents cancérigènes et à établir des normes. Malheureusement, cette mine d’informations n’intéresse personne d’autre.

En parallèle, il existe des milliers de revues scientifiques dont la mission est le partage de l’information médicale. Schwartz y a publié des dizaines d’articles, tentant en particulier de convaincre le comité de lecture. Mais ces revues ad-hoc vivent de l’industrie pharmaceutique, tout comme les quotidiens vivent de la pub, tout comme encore, les scandales de l’Oréal ou LVMH sont passés sous silence dans la presse féminine. De facto, le praticien n’a jamais pu publier d’article mettant en cause le bilan de la cancérologie « moderne ». De plus, pour publier un article, son auteur doit débourser 2 000 € pour « frais d’impression ».

Au Etats-Unis, le National Cancer Institute a injecté entre 1960 & 2010 plus de 100 Mds/$ ; pour qui, pour quoi ? Selon le CIRC, 8 millions de personnes meurent chaque année du cancer dans le monde (mais les données dans de nombreux pays doivent être sous-évaluées). C’est dans les pays à faibles ressources que le taux de décès est le plus élevé ; le cancer est aussi une pathologie de la pauvreté et de la promiscuité (familles très nombreuses vivant dans de petits logis, carence d’hygiène environnementale, bidonville…).

Conscients que le cancer nourrit l’économie, les institutions et ceux qui gouvernent n’ont pas le courage d’accepter la vérité. Craindraient-ils d’ouvrir la boîte de Pandore ? Comme dans tous les domaines de la société, il est très difficile d’accepter comme « vrai » un fait, une information, à partir du moment où ceux-ci remettent en question des convictions ou des croyances. Aussitôt, est rejeté ce qui dérange ; l’assurance d’une « vérité » rassure, autorisant une non-remise en question, dangereuse pour les certitudes. Ainsi, la part de responsabilité incombe aux médias, aux institutions (Agence européenne des médicaments, Agence nationale de sécurité du médicament, la CPAM, les médecins « sous emprise », etc.) Enfin, à l’instar de la division sociale du travail et des comportements sociaux qui en résultent, les associations de malades sont absentes lors des débats sur les thérapies anti-cancer.

Dr Schwartz : un farfelu, un illuminé ? Son ouvrage (2) est préfacé par le professeur Luc Montagnier (prix Nobel de médecine) ; il est également et notamment soutenu par le président de l’université d’Harvard. Ces deux éminences seraient-elles aussi des « timbrés » ?! Le bouquin, simple à lire, est adressé à tous et à toutes : citoyens lambda, médecins, responsables institutionnels…

 

Le bizness des vaccins

 En janvier 2016, Marisol Touraine – Ministre de la santé – ouvrait le débat sur la vaccination obligatoire. Son dessein était clair : faire accepter ultérieurement par l’opinion publique le projet d’imposer 11 vaccins aux tout-petits, et alors que la défiance aux vaccins est aujourd’hui un sujet de société majeur.

Aux origines de cette défiance, notamment, le vaccin contre l’hépatite B dans les années 1990 – à l’origine de nombreuses scléroses en plaque – et la « pandémie » de la grippe A (H1N1) en 2009. Là, ce vaccin fut la poule aux d’œufs d’or pour le labo fabricant, pour une pandémie qui n’en portait que le nom et alors que les 54 millions de doses sont pour la plupart restées au placard. Or cette défiance ne touche pas que la population dans sa globalité, mais aussi des professionnels de la santé, toujours plus nombreux.

Depuis près de deux ans donc, pro et anti-vaccins débattent à couteaux tirés. Nul besoin de préciser que les mass-médias penchent majoritairement pour les positions institutionnelles, ne laissant s’exprimer que parcimonieusement des sommités, critiques. Mais ces derniers peuvent se satisfaire d’internet, où leurs expressions sont sans interdit et permettent enfin aux internautes d’approfondir leur opinion en la matière. Par ailleurs, des associations pour la médecine naturelle ont également fleuri sur la toile.

Pour l’heure, « seuls » trois vaccins sont obligatoires, dès deux mois après la naissance. Ce qui devrait laisser perplexes de jeunes parents, car à presque tous les coups, lorsqu’un nourrisson est vacciné avant ses 6 mois, en hiver ou en période humide, il sera souffrant suite à l’affaiblissement (certes temporaire) de son immunité causé par le vaccin. Il serait plus prudent et moins risqué de vacciner plutôt entre 12 et 24 mois. Le DTP (diphtérie, tétanos, poliomyélite) est aujourd’hui le seul trivalent obligatoire. Or ce DTP est introuvable sur le marché français depuis 2008. Sanofi, qui avait racheté le Laboratoire Pasteur cette année là, a retiré volontairement le médoc prétextant d’une difficulté de temps pour sa fabrication et d’une fiabilité douteuse, pour le remplacer par un cocktail de 6 vaccins, un exavalent (4). Du coup, on injecte aux bambins un vrai faux DTP, en contournant la loi et avec l’assentiment des ministres successifs. De plus, la version du labo Pasteur ne comportait pas comme adjuvent l’hydroxyde d’aluminium, un composant largement dénoncé, comme c’est le cas avec l’hexavalent de Sanofi-Pasteur, qui de plus coûte sept fois plus cher que le DTP.

La ministre de la santé actuelle, Agnès Buzyn, a annoncé rendre obligatoire 11 vaccins (5) à partir du 1er janvier prochain ! Le Parlement avalisera… Et cela alors que les opposants sont de plus en plus nombreux.  Mais n’est-ce pas le propre de l’obligation d’éviter une prise de conscience ?

Ce qui est à l’opposé du Haut conseil de la santé publique (HCSP). Celui-ci avait publié sur son site en septembre 2014 (6) que seules dans l’UE, la France et l’Italie imposent encore des vaccinations obligatoires, sans que la couverture vaccinale y soit d’ailleurs meilleure que celle des pays sans obligation. Le Haut Conseil considère que le débat doit être approfondi, et que des lieux de vaccination soient ouverts… mais précise qu’une non-obligation n’est pas forcément facultative : comprendra qui pourra. Deux axes sont débattus : primo, le risque d’effets secondaires ; secundo, l’obligation.

Pour le Professeur Romain Guerardi, notamment directeur à l’INSERM : « Les expériences sur les modèles animaux montrent que les nanoparticules bio-persistantes (…) rejoignent la circulation sanguine pour atteindre progressivement le cerveau, où elles s’y logeront définitivement ». Alors que fabriquer des vaccins sans aluminium est largement possible. Le Dr Guerardi a aujourd’hui des soucis avec l’Ordre des médecins.

Selon le Professeur Henri Joyeux (cancérologue), suite à ses critiques contre l’hexavalent à tout prix, il a été radié de l’Ordre des médecins en décembre 2017. Il rappelle les dangers de l’aluminium et du formaldéhyde pour les adultes, très dangereux pour les nourrissons. Préoccupé, il a mis en une pétition en ligne, elle aurait été signée par un million d’internautes.

Ces deux toubibs ne sont pas contre les vaccins, mais contre certains de leurs composants et contre l’obligation, considérant qu’un enseignement de la population est plus bénéfique pour la médecine qu’une « sécurité » imposée.

 

L’endémie lobbyiste

Ainsi, le débat sur l’obligation vaccinale ou non, qui a fait couler beaucoup d’encre et a démontré le peu d’engouement des citoyen-ne-s quant à son imposition, sera méprisé. La précipitation ministérielle de rendre obligatoire les 11 vaccins d’ici peu aurait deux raisons : la course marathonienne aux réformes voulues par Macron, et la course face au Conseil d’Etat. Celui-ci a en effet été saisi par une association  Médecines naturelles. En conséquence, la haute juridiction a enjoint la ministre, le 8 août 2017, à prendre des mesures pour rendre disponible le DTP. Aussi, plutôt que de trouver un labo capable de produire ce trivalent, ou de suspendre l’obligation, dans les faits, Mme la ministre est solidaire de Sanofi-Pasteur, du tout lobbying et de M. Touraine (l’ex-ministre) qui avait déjà pondu une loi pour imposer ces 11 vaccins (aussi, tant qu’à faire…). Si pour Sanofi, prétendant devoir prendre dix ans pour produire le DTP, quelques mois suffiront pour produire les 11 ?! Décidément, le malaise politique serait-il génétique ?!

Alors que 41 % des sondés sont contre l’obligation, rappelons que « la vaccination est un acte médical, qui contrairement aux affirmations des autorités de santé, n’est pas anodin. Comme pour tout acte médical, elle requiert le consentement libre et éclairé de chaque patient (…) et avec l’accès à une information bénéfice/risque (…), conformément à la Loi Kouchner de mars 2002. »

Par ailleurs, les vaccins sont insuffisamment évalués : pas d’études de pharmacocinétique, ni d’études de cancérogenèse, de gènotoxicité ou de mutagenèse, pas de vrai placebo (pour les comparaisons), ni d’analyse sérieuse pour des vaccins combinés.

Même la loi oblige à ne pas obliger : avec les articles du code civil : 16-1 « le corps humain est inviolable », 16-3 «  il ne peut être porté atteinte à l’intégrité du corps humain qu’en cas de nécessité médicale pour la personne. Le consentement de l’intéressé doit être recueilli préalablement » et 16-4 « nul ne peut porter atteinte à l’intégrité de l’espèce humaine » ; avec la convention d’Oviedo du 04/04/1997 sur les droits de l’Homme et la biomédecine : « L’intérêt et le bien de l’être humain doivent prévaloir sur le seul intérêt de la société ou de la science. » ; avec la jurisprudence de la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH), décision Salvetti du 09/07/2002 : « En tant que traitement médical non volontaire, la vaccination obligatoire constitue une ingérence dans le droit au respect de la vie privée, garanti par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales ».

Rappelons, ou apprenons, que dans l’Hexagone, 15 à 20 000 décès par an sont la conséquence des suites du mauvais usage, du mauvais dosage ou du mélange de produits pharmaceutiques inappropriés. Que 200 milliards/€ sont dépensés chaque année en médocs. Que 48 000 personnes meurent tous les ans de la pollution ! En balance, quelques rares morts en cas de tétanos, quelques cas de coqueluche, 8 cas de rougeole en 10 ans (dixit la ministre en personne) et la diphtérie a disparu. Enfin, entre décembre et janvier dernier, treize personnes sont mortes de la grippe dans une maison de retraite à Lyon, Six d’entre elles étaient vaccinées. Cherchez l’erreur…

Quant à la ministre Buzyn, elle a siégé au CA de deux labo-pharma. La France, un pays de malades !

 

Big-pharma

Voilà quelques décennies, on se satisfaisait fort bien de la médecine médicamenteuse, après des siècles d’une hygiène méconnue, d’endémies « mystérieuses », les découvertes en soins et en nouveaux médicaments firent flores. Grâce aux nombreuses découvertes tant du corps dans son environnement, que de la chimie et à sa reproduction utilitaire au sein d’une industrie exponentielle, les populations ont bénéficié des avancées en médecine allopathique (médecine institutionnelle). Mais voilà, ces mêmes populations, ou du moins une frange curieuse et critique, s’est détournée d’un positivisme dépassé par son orgueil et sa soif de profit, par une industrie de la chimie et de la pharmacie qui, involontairement dévoilèrent leurs coulisses bien moins vertueuses.

Mais il reste la frange la plus importante de la population, la plus crédule, celle qui croit en son praticien, en son laboratoire et à ses ministres, considérant qu’elle na pas vraiment le choix et que lorsque le malaise apparaît, demande rapidement à être soignée, de préférence avec un ou des médicaments – quoi de plus normal. Le doc, c’est un peu comme le bon dieu, il peut tout – ou presque – il peut donc prodiguer les soins réclamés.

Justement, aujourd’hui et à mesure que passe le temps, généralistes & spécialistes, tiennent plus de savoir en technicité qu’en leurs patients. Ils écoutent plus l’expert en médicament que le corps de leur malade, en général, inconsciemment, mais au profit de l’industrie pharmaceutique et de ses lobbyistes. Cette industrie grâce au lobbying – le bien nommé Big-pharma – qu’elle a admirablement développé, lui a permis d’être dans les premiers rangs des branches mondiales d’activité. Après les milliers de milliards que génèrent les industries du pétrole, de la banque, de l’armement, de l’agro-alimentaire, du trafic de drogue, la pharmacie est en bonne place. Selon le célèbre Professeur Even (8), 80 % des médicaments ne servent à rien ! Le doc cite aussi l’ONU : « L’industrie pharmaceutique corruptrice s’est infiltrée dans toutes les instances décisionnaires, parlementaires, gouvernementales, administratives, universitaires, hospitalières, médicales et médiatrices. Elle est aujourd’hui hors de tout contrôle ». L’industrie génère 600 Mds/$ par an.  Sanofi est plus gros que Coca-Cola et autant que Nestlé. Pfizer représente trois fois Boeing et sept fois EADS. Servier (le Médiator) « petit » laboratoire (30° mondial) est quasi aussi puissant qu’Aréva.

 

Dr Knock

De l’étude des organes, la recherche médicale est passée courant 1985-90 à l’étude des cellules, des molécules et des gènes. De 30 organes, on est passé à des milliers de molécules à étudier. En parallèle, le passage d’un capitalisme plutôt keynésien au néolibéralisme se traduisit par la financiarisation et la rentabilité du marché de la santé. La « loi » de la finance ne fait pas exception au motif sanitaire et les « investisseurs » sont très bien accueillis dans les labos. Ainsi, la recherche coûte fort cher ; la manière la plus simple de rentabiliser une machine à produire du profit sera d’inventer des maladies et donc des malades – voir ou revoir l’excellent Dr Knock, comédie de Jules Romain avec Louis Jouvet.

Sur les 600 Mds, la moitié provient des pseudo-maladies, des pré-états (pré-diabète, pré-cancer, etc.). L’hypertension est devenue un soi-disant danger à partir de 13 et non de 16 ou 17 comme auparavant ; à partir de 13, on « soigne » 5 fois plus. Idem pour le diabète : jadis, il était un problème lorsque le taux dépassait 1,40 g/l. Maintenant on le traite déjà à 1,25, avec conseil de traiter à 1,10, voire 1,01. Conclusion : quatre fois plus de malades. La dépression a été inventée en 1950, aujourd’hui 15 millions de patients bouffent des antidépresseurs. Et les syndromes, comme l’hyperactivité : encore une nouvelle maladie. Il y a un demi-siècle, on recensait 50 maladies psy, actuellement on en compte 500 (sic).

Toujours selon Dr Even, l’industrie de la santé finance tous les congrès médicaux dans le monde. Traduction : transporter par charters des milliers de toubibs pour aller écouter des conférenciers à sa solde. Scientifiquement, ils ne servent à pas grand-chose, mais sur le plan marketing, ils sont primordiaux. Ces conférenciers sont, aux USA, payées entre 3 000 et 90 000 $ par intervention.

L’industrie est également propriétaire directe ou indirecte de tous les journaux médicaux de la planète. Aucune revue ne peut survivre sans big-pharma. Pour qu’un praticien soit abonné, le tarif ne doit pas dépasser les 300 € par an, au risque qu’il ne s’abonne pas. Ainsi, big-pharma finance l’essentiel d’une revue très chère à sa production (franco, imprimerie, papier de haute qualité, personnel, etc), et impose avec sa pub, ses articles. Du coup, les résultats négatifs sur la recherche ou sur des études cliniques, ne sont jamais publiés, ou sinon positivés. De facto, une revue spécialisée, publiant des articles – on ne peut plus sérieux – dont la teneur pourra de suite être pratiquée, sont souvent falsifiés et tronqués.

Les congrès, les séminaires, les journaux, et en bout de course les « visiteurs médicaux », qui vont dans le cabinet des docteurs s’assurer qu’ils ont bien compris. Même les ordonnances sont produites automatiquement sur ordinateur par les labo (…). L’industrie tient la plume du prescripteur. « On ne rigole pas ! ».

Evidemment, seule, l’industrie pharmaceutique ne vaut rien, ou si peu s’il n’y avait des opportunistes – et, comme partout, les médecins ne font pas défaut à cette « règle ». Mais big-pharma a même réussi à ce que les agences nationales, et plus particulièrement en France, choisissent leurs médecins pour donner leurs avis sur les médicaments. Exemple : lors de l’enquête sur le médiator, 1 300 « experts » furent choisis par ces agences du médicament, les 2/3 d’entre eux étaient liés à l’industrie. Et 39 présidents de séances, sur 40, avaient des contrats avec cette industrie.

Le Prof Even fut radié de l’ordre des médecins. Il fit appel, ce qui annula la radiation.

 

La loi du fric

En conclusion, constatons que le médiator a tué des milliers de patients il y a 10 ans ; le procès en correctionnel de Jacques Servier (des labos du même nom) commence à peine, « logique », l’Etat est largement co-responsable. Pareil avec le glyphosate, il fait vivre quelques centaines d’exploitants agricoles de la FNSEA, mais on continue d’empoisonner la biodiversité et les gens. Par contre, même si quelques nourrissons risquent de mourir, on vaccine, obligatoirement, des millions d’enfants ; la ministre Buzyn prétend que l’objectif de rendre obligatoires 11 vaccins permettra de redonner confiance aux Français : pure novlangue.

Et pour prouver que big-pharma fait la loi, La strasbourgeoise – manifestation sportive contre le cancer – inscrit dès le mois de mai les participants. Les labos lilly versaient à la Ligue contre le cancer, 4€ par dossard, soit 67 000 € l’an dernier. Pour l’édition 2017, c’est niet ! En cause, la campagne nationale de la ligue contre le prix exorbitant des nouveaux médicaments anti-cancéreux.

Il faut savoir que les 3/4 des médocs, dont les plus importants, ont été créés entre 1950 & 1980. Depuis, ce ne sont que des copies, seul le nom ou quelques excipients changent. Mais, on n’arrête pas le « progrès » : 475 nouveaux médicaments sont en développement dans les labos français selon LEEM (association regroupant les labos de l’Hexagone). La recherche & le développement de la pharma française a investi 4,586 Mds en 2014. Ce qui fait 9,8 % du chiffre d’affaires. 3,4 %, c’est le taux français dans le marché mondial du médicament en 2016, contre 5,6 % en 2006. Les médocs sont 17 fois plus cher aujourd’hui qu’en 1980 ; la consommation moyenne de médoc par personne était de 512 € en 2015.

Sans vouloir chercher à condamner l’allopathie, il serait heureux que les populations s’intéressent un peu plus à ce qu’on nomme les médecines alternatives, assez nombreuses d’ailleurs, réputées en contradiction avec l’allopathie. Homéopathie, acupuncture, phytothérapie… ont leur savoir-faire, elles sont malheureusement non couvertes par la CPAM. Là encore, l’hérésie est complète : face au « trou de la sécu », il serait judicieux que les politiques changent de traitement et viennent se faire soigner sous des auspices plus clairvoyants ! En ce sens, c’est ce que L. Schwatrz souhaite, que se constituent des ponts entre les différentes écoles de pensée. Ce qui n’est pas négligeable, aucune médecine ne détient la vérité suprême. Les charlatans, comme les bons praticiens exercent ici et là.

(1) Assistance Publique des Hôpitaux de Paris.

(2) Schwartz, dans son second livre  Cancer, un traitement simple et non toxique (édition Thierry Souccar), 132 pages – 10 €, précise : « Le cancer est juste une maladie. Une sale maladie, mais plus simple qu’on ne croit. Il sera bientôt un fléau du passé ».

(3) Centre international de la recherche sur le cancer, dont le siège est à Lyon.

(4) Hexavalent : 6 vaccins. Sont ajoutés : coqueluche, hépatite B et haemophilus influenzae B (Bacille de Pfeiffer).

(5) Polio, tétanos, diphtérie, coqueluche, rougeole, oreillons, rubéole, hépatite B, bacille de Pfeffeir, pneumocoque et méningocoque C.

(6) http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/sante-publique-revoir-politique-vaccination-20140916.html

(7) Institut national de la santé et de la recherche.

(8) http://www.cancer-et-metabolisme.fr/big-pharma-cest-quoi-le-constat-sans-appel-du-professeur-even/

Jano Celle, le 24 octobre 2017.