Carrière de Ternuay : première victoire des opposants

Extractivisme

Carrière de Ternuay : première victoire des opposants

 

Le Tribunal Administratif (TA) de Besançon, le 19 décembre 2017, suite à l’appel en référé déposé par l’Association de sauvegarde des 1 000 étangs, a ordonné la suspension de l’arrêté du 7 juillet 2017 de la préfète Lecaillon, pour les raisons principales suivantes :

– insuffisance de l’étude d’impact qui omet de mentionner la présence à proximité du projet d’une exploitation maraîchère ;

– insuffisance des garanties financières offertes par La Société des Carrières de Ternuay, le coût des travaux de remise en état en fin d’exploitation étant supérieur au capital social.

(suite…)

Deux ans ans après l’assassinat de Berta Cáceres

Deux ans ans après l’assassinat de Berta Cáceres

le Honduras violente toujours les écologistes

Fresque en hommage à Berta, peinte sur le mur de la prison de La Esperanza, sa ville natale.

Il y a deux ans, l’écologiste Berta Cáceres était assassinée au Honduras à cause de son engagement militant. Les auteurs de cette tribune ont demandé « la une pour Berta » pour faire passer un message, notamment en faveur de la justice et de l’humanité.


Assurément ce n’est pas un scoop que d’évoquer la mémoire de Berta Cáceres, deux ans jour pour jour après son assassinat qui a suscité l’indignation au niveau planétaire.

Nous réclamons la une pour Berta, lauréate 2015 du prix Goldmann pour l’environnement, qui lui avait donné une renommée internationale. Mais notre objectif ne se limite pas à écrire une nouvelle fois la nécrologie d’une femme dont l’engagement dépassait l’écologie et embrassait aussi celui contre le patriarcat dans le monde, dans son pays et même au sein de son organisation le Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras (Copinh).

La une pour Berta, ce serait contribuer à briser le silence dans lequel les responsables intellectuels de son crime et de tant d’autres se drapent pour s’assurer l’impunité. Ce serait ne pas se contenter du fait que les auteurs matériels aient été livrés en pâture à la justice mais, à l’exemple du quotidien The Guardian, se faire écho du Groupe assesseur international de personnes expertes (Gaipe), qui dans un rapport publié en novembre dernier a mis en évidence « la participation de nombreux agents de l’État, de hauts dirigeants et employés de [l’entreprise] Desa à la planification, exécution et dissimulation de l’assassinat de Berta Isabel Cáceres ».

Pour en savoir davantage :

https://reporterre.net/Deux-ans-ans-apres-l-assassinat-de-Berta-Caceres-le-Honduras-violente-toujours

Victoire en demi teinte pour Antoine Deltour, lors de l’audience en Cassation au Luxembourg

13 Janvier 2018

Cette réaction d’Antoine a été publiée originellement le 11 janvier 2017 sur son compte Facebook. Son comité de soutien la republie en tant que tribune.

    Ça y est, j‘ai gagné ! Quoique, normalement, ce qu‘on peut gagner, c‘est une partie, une bataille… Mais je n‘ai rien mené de tout cela. J‘ai seulement exercé ma citoyenneté. Est-ce vraiment une victoire d‘obtenir de ne pas être condamné pour avoir seulement exercé sa citoyenneté ? En tout cas, j‘en suis très heureux, vraiment, c‘est un soulagement. Et je suis très reconnaissant envers les nombreux soutiens, c‘est une victoire collective. Mais à mon avis, cette victoire est la simple application du droit, soit précisément ce qu‘on demande depuis le début.

(suite…)

Fukushima, Nagasaki, Hiroshima, ou le coût du nucléaire

Des drames japonais qui n’empêchent pas le pays de dresser la tête après la catastrophe.

 

Mais à quel prix : celui du mensonge, de la dissimulation, de l’intimidation…

Fukushima, dont la couverture médiatique en France et chez nous a été largement pourvue. A Saint Amarin aussi lors de notre conférence en mars dernier, avec le témoignage très documenté et vécu de deux femmes originaires de ce pays.

Après Hiroshima et Nagasaki, un drame nucléaire en triple exemplaire vécu dans une grande dignité, mais qui a pour origine une culture du respect quasi absolu de l’autorité. On connaît trop bien ce qui en résulte et les exemples ne manquent pas dans l’histoire de l’humanité. C’est à cette aune qu’il nous faut mesurer le courage de ceux qui désobéissent et s’opposent à cela.

A notre niveau,c’est un motif supplémentaire de combattre les raisons à courte vue de ceux qui défendent le maintien de la centrale de Fessenheim.

 

Et c’est dans ce contexte qu’il me vient une chanson, fort à propos, de Georges Moustaki :

« Par la colombe et l’olivier,
Par la détresse du prisonnier,
Par l’enfant qui n’y est pour rien,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Avec les mots de tous les jours,

Avec les gestes de l’amour,
Avec la peur, avec la faim,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Par tous ceux qui sont déjà morts,
Par tous ceux qui vivent encore,
Par ceux qui voudraient vivre enfin,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Avec les faibles, avec les forts,
Avec tous ceux qui sont d’accord,
Ne seraient-ils que quelques-uns,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Par tous les rêves piétinés,
Par l’espérance abandonnée,
À Hiroshima, ou plus loin,
Peut-être viendra-t-elle demain,
La Paix ! »

JLL

Sur la RN66

La RN 66 est certes encombrée d’une circulation intense, mais constituée pour l’essentiel d’un trafic local en rapport avec une population importante. En réalité, le projet incriminé vise rien moins que de faciliter un transit grandissant de poids-lourds relatif à un axe Milan Rotterdam » passant par les Vosges, et évitant les contournements et autoroutes.

La contestation, partant des habitants de Bitschwiller-lès-Thann et de Leimbach directement visés par le tracé, se répand et l’association prend de l’ampleur. Sachant qu’une nouvelle voie de circulation aurait surtout un effet d’aspiration de tout ce qui roule, néfaste à la vallée et ses habitants, TET milite pour les transports publics (train en particulier), une limitation drastique du transit des poids lourds, et des moyens « doux » comme une piste cyclable efficiente.

Tous les moyens légaux sont mis en œuvre (par voie de tracts, conférences, articles de journaux, manifestations, blocages de routes…) et enfin par un recours au tribunal administratif, pour faire annuler une Déclaration d’Utilité Publique (DUP), présentée comme limitée à Bitschwiller – Willer, mais dont la réalisation finale envisage à un moment donné une déviation allant d’Urbès à la RN 83 entre Cernay et Aspach-le-Haut : le saucissonnage devait permettre de mieux faire passer la pilule…

• Le 31 mars 1995, nous faisons avec l’aide de nos amis vosgiens, le premier comptage de camions dans le Col de Bussang, et ceci pendant 24 h.

• Le 4 avril 1995, nous organisons la 1ère manifestation dans le Massif vosgien, au col de Bussang contre le trafic international de transit dans la vallée de la Thur et de la Moselle.

• En octobre 1996 un « Forum des Associations » à Bitschwiller-lès-Thann nous offre l’aubaine d’un stand bien en vue, ce qui nous permet de faire connaître notre association et de populariser les positions qu’elle défend.

• En août 1998, nous introduisons un recours au Tribunal Administratif de Strasbourg contre la DUP de la déviation de Willer-Bitschwiller.

• En septembre 1998, une de nos actions les plus osées, est sans doute le blocage à la croisière de Cernay de la circulation montant la vallée un vendredi à 18h. Nous devons à la bienveillance des forces de l’ordre présentes en nombre, de nous avoir certainement épargné bien des déboires.

Le 1er juillet 1999, le Tribunal Administratif de Strasbourg nous donne raison et casse la DUP. Une immense victoire pour notre association mais où, curieusement, l’ensemble des partisans de cette route « oublie » de recourir en justice et néglige de faire appel de cette décision. En fait, comme l’avait écrit Pierre FLUCKIGER journaliste à L’Alsace, TET a rendu un fier service aux élus en leur retirant une épine du pied (essentiellement d’ordre financier). Et le Préfet de Région de l’époque confirme que le projet avait été mal étudié et ne rendrait pas les services attendus : « Les responsabilités sont très partagées, les services de l’Etat ont leur part, mais les collectivités aussi. Il est indispensable de ne pas afficher des projets qu’on n’est pas capable de réaliser. Comme il y en a beaucoup, il faut mieux les préparer et augmenter la part des crédits d’étude pour que l’on ne se retrouve pas avec des dossiers non étudiés, comme la RN 66… »

• Le 12 juillet 1999, TET dépose, ainsi qu’un de nos adhérents riverains de la RN 66, au TA de Strasbourg un recours contre le maire d’Urbès à qui nous avions demandé de réglementer la circulation des PL sur sa portion de Nationale.

• Le 19 janvier 2001, le TA donne raison à notre adhérent, mais tort à TET qui doit payer 5000 F de dommages et intérêts à la commune d’Urbès. Tout le monde fait appel de ces décisions.

• Le 22 novembre 2001, la Cour administrative d’Appel de Nancy annule l’amende que TET devait verser à la commune d’Urbès.

• Enfin, le 19 juin 2006, cette même instance confirme qu’un maire peut réglementer la circulation des PL dans sa commune et condamne la commune d’Urbès à verser 1500 € de dommages et intérêts à notre adhérent. Encore une très grande victoire.

• Entre temps et après à la catastrophe au Tunnel du Mont-Blanc en mars 1999, et suite à la fermeture du tunnel de Saint-Marie-aux-Mines pour des travaux de mises aux normes de sécurité, la circulation des PL est réglementée dans l’ensemble du Massif Vosgien. Il était temps, car le transit dépassait les 2000 camions-jour, dont une part importante de transports de produits chimiques.