Crise de l’azote : une menace négligée
L’écologiste C.C. Delwiche prévenait, déjà en 1970 : « De toutes les interventions récentes de l’homme dans les cycles de la nature, la fixation industrielle de l’azote dépasse de loin toutes les autres en ampleur. »
Comme nous l’avons déjà relaté, la détérioration du climat n’est de loin pas la seule endémie affectant toute la biosphère. Et bien que les préoccupations des écologistes mobilisent pour le climat, la déforestation, contre le nucléaire et les pesticide, contre l’armement, la biodiversité, l’extinction des espèces… deux domaines en sont abstraits, la démographie et l’azote (N). Or, pour ce dernier, bien qu’il existe de nombreuses études scientifiques et techniques sur la crise de l’azote, peu d’ouvrages de vulgarisation sur cette molécule sont traduits.
Que les agriculteurs bio soient préoccupés par la présence d’azote dans les engrais synthétiques, ne produit pas de manifestations contre l’azote, pas de traités internationaux de réduction de l’azote, ni de politiciens défendant ou niant la science sur le sujet.
En fait, au fur et à mesure des impacts des pollutions sur l’écosystème, nous paraissons découvrir les méfaits d’agents destructeurs jusque-là ignorés. L’agriculture intensive et industrielle doit son efficacité comme tout le monde le sait à la chimie de synthèse répandue sur les millions d’hectares de terres arables. Si aujourd’hui la société dans son ensemble a commencé à saisir le danger mortel des pesticides de synthèse, elle est encore très éloignée d’appréhender les risques qu’elle encoure à l’utilisation des engrais de synthèse (Ammonitrate, NPK…). Avec simplicité, nous pouvons comprendre qu’une alimentation chimique, année après année, appauvrie la terre, d’autant si une rotation de culture est absente.






